Le Carillon, un système contemporain d’organisation solidaire

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Toutes les expériences ne sont pas bonnes en dépit de ce que disait Indiana Jones. Se retrouver à la rue, pour des milliers de raisons dont on pourrait remplir des encyclopédies en 10000 volumes, en est une. Les explications sont donc nombreuses, souvent hallucinantes, touchantes, une cascade de catastrophes qui n’ont donné aucun droit à l’erreur ni soutien évident en cas de choc dur. Parfois Trop fier(e) pour demander vraiment de l’aide, trop aimant(e) pour solliciter des gens qui auraient pu éviter parfois qu’on se retrouve là. À la rue, donc nu/démuni devant la société active.

Il n’y a pas un jour où l’on ne passe pas devant une personne, dont les besoins les plus basiques n’ont pas été comblés. Même à Paris. Ville de lumière et d’ombres aussi donc.

La peur, la gêne, la timidité, sont souvent les freins qui empêchent d’agir. Ce n’est pas organisé, ce n’est pas carré, on est nous-même emmêlés dans un flot de choses à régler et on passe, on n’oublie pas, mais on passe et on ajoute un visage à la liste insoutenable, culpabilisante et inconsciente de personnes devant qui on est passé, qui avaient besoin peut-être même seulement d’un sourire et à qui on n’a pas pris le temps de sourire.

Cette longue introduction, sans doute maladroite, c’est pour vous raconter l’histoire du Carillon. Cette magnifique association dont l’ambition est de nous aider, nous citoyens, à recréer du lien solidaire facilement. À organiser notre besoin d’agir, de réagir, construire, et mettre en place des actions positives et du sens dans la rue.

Louis Xavier est humble, nature, enjoué, même pas 30 ans et déjà une expérience de la vie incroyable. Il est très bien entouré, d’autres gens incroyables, Laura Gruarin, Guillaume Holstyen son associé et tous les bénévoles & commerçants qui s’engagent avec optimisme dans ce futur de la solidarité.

Ils élaborent ensemble leurs projets dans des endroits de création contemporaine du travail tel le Sensecube.

Ces jeunes modèles d’entrepreneurs du futur mettent toutes leurs compétences acquises dans d’autres sociétés, secteurs d’activité ou voyages à l’étranger au service de cette association et de cette cause qui nous tient tous solidement à coeur, où que l’on que soit et quelle que soit notre destination.

Leur action, un engagement accessible et bénéfique pour tous.

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Louis-Xavier Leca a créé Le Carillon en décembre 2015
Les trois missions de l’association sont : 
 
> favoriser le lien social et bienveillant de proximité
> encourager et faciliter l’échange de services simples mais qui changent le quotidien des plus démunis 
> changer le regard porté sur les sans-abri et réfugiés. 
 
Animés par l’idée que « CHACUN d’entre nous peut, par des petits gestes, œuvrer POUR le bien de TOUS »,  Louis-Xavier et Guillaume Holstyen, qui a rejoint l’association en juin, proposent et diffusent un modèle de micro-engagement à la portée de tous ceux qu’ils appellent les «les Carillonneurs » : commerçants, particuliers, bénévoles et sans-abri.
Un réseau de commerçants et d’habitants solidaires
Dans le 11e, plus de soixante-dix commerces (pharmacie, poissonnerie, kebab, restaurants, chausseur…) proposent aux personnes dans le besoin d’accéder gratuitement à des services de première nécessité : remplir une gourde, recharger son téléphone, accéder aux toilettes, passer un appel d’urgence, etc. et l’affichent sur leur vitrine grâce au label solidaire du Carillon et à des pictogrammes.
« Ces services peuvent paraître basiques mais ils représentent beaucoup. Le nombre de toilettes publiques a été multiplié par 6 dans le 11e grâce aux commerçants qui nous ont ouvert leurs portes. Et aller aux toilettes ça peut paraître simple mais c’est une réelle préoccupation quand on vit dans la rue » confie Simon P, sans-abri du quartier. Depuis la création de l’association, 1000 services ont été rendus aux personnes à la rue.
Le modèle du 11e arrondissement dupliqué
Après dix mois de développement dans le 11e arrondissement, le Carillon étend son réseau à de nouveaux arrondissements. L’objectif ? Etre présent dans toute la capitale d’ici la fin d’année et dupliquer le modèle à Lyon, Nantes, Marseille et Lilles début 2017. Lancés en septembre, le 10e et le 19e arrondissement comptent déjà plus de cinquante commerçants ayant accepté d’ouvrir leurs portes aux plus démunis. En octobre, se sont les vitrines du 1er, 2e, 3e, 4e, 12e et 14e arrondissements qui vont commencer à afficher le label et les pictos solidaires du Carillon.
Aujourd’hui le réseau compte plus de 150 commerçants solidaires
Une action de proximité
Dans chaque arrondissement, notre coordinateur(trice) local(e), épaulé(e) de sans-abri ambassadeurs, bénévoles,  d’associations et d’habitants du quartier, anime le réseau du Carillon (recrutement et accompagnement des commerçants, écoute et orientation des personnes à la rue, organisation d’événements solidaires…).
Par cette action de proximité, nous favorisons les liens humains et participons à changer le regard porté sur les personnes à la rue. « Quand je vois Michel, à la rue depuis trois ans, boire son café au comptoir du Popincourt et parler littérature avec l’une de nos bénévoles, je me dis qu’on est sur la bonne voie », explique Louis-Xavier.
Les personnes à la rue acteurs du réseau Le Carillon
Le Carillon refuse toute approche paternaliste ou miserabiliste et se construit en étroite collaboration avec les personnes à la rue. Les « ambassadeurs » participent activement au bon fonctionnement du réseau. Ils nous font remonter les besoins, sensibilisent les personnes à la rue de leur entourage, nous aident dans l’organisation des événements, collectes et campagnes de sensibilisation.
Beaucoup de sans-abri souffrent du regard porté sur eux et n’osent plus passer la porte des commerces. Les ambassadeurs du Carillon ont aussi une mission d’accompagnement.
Les événements solidaires, un rendez-vous mensuel
Dans chaque arrondissement, l’équipe permanente de l’association, les commerçants, les particuliers et les personnes à la rue s’unissent pour organiser un événement solidaire en bas de chez eux. Collecte de vêtements autour d’un pique-nique, apéro-pétanque dans un parc, collecte de duvets ou de produits hygiéniques pour les femmes à la rue, autant d’événements permettant de rencontrer et d’aider les personnes à la rue.
Biscuiterie solidaire, conciergerie et antennes locales
En parallèle du réseau solidaire, Louis-Xavier et Guillaume lancent « Le Carillon insertion » en octobre 2016 selon les principes de l’économie sociale et solidaire (ESS), de l’économie circulaire et biologique et dans un mode de gestion participative. Le Carillon insertion à pour objectif l’insertion par l’activité économique des personnes sans domicile fixe ou sans-abri, ainsi que toutes personnes en situation de précarité.
Ce projet s’articule autour des axes suivants :
Des antennes locales dans chaque arrondissement, proposant des ateliers animés par (ou pour) les personnes à la rue à rue.
Une biscuiterie bio et solidaire. Ensemble et selon les talents de nos bénévoles, travailleurs sociaux et salarié en insertion (CUI-CAE et Premières Heures) nous cuisinons, emballons et livrons à vélo, des biscuits biologiques à base d’épeautre et d’épices, selon une recette médiévale (biscuits de la joie) dont le procédé de fabrication nous a été transmise par des moines bénédictins.
Conciergerie : les membres commerçants et particuliers du réseau « Le Carillon » proposent des missions à l’heure ou à la journée à nos salariés en insertion : déménagement, débarras, ménage, inventaire, aide à la cuisine, courses, livraisons..

Le Carillon

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Louis-Xavier a répondu aux questions de l’itw du Green Chills Project

Quand & comment est né le désir de créer ? Le désir de créer est venu avec le désir d’aider chez moi. Une création au service de l’autre, une création libre et aux mains de tous.

TA définition d’un Artiste ?
Un artiste est avant tout un créatif capable de faire ressentir des émotions de passer un message. Je ne crois pas en l’artiste égoïste car l’art doit pouvoir toucher tout le monde.
Quelles sont tes inspirations ?
Mes inspirations sont les Grands Hommes au sens Hegelien du terme. Ceux qui changent l’histoire quelque soit l’époque. Ceux qui amènent une vision dialectique des choses, révolutionnaire ou non, tant qu’elle est positive et pour le bien commun.
Qu’est ce qui te fait rêver, lever le matin ?
Le croyance que chaque jour on peut créer un monde meilleur, par nos actions, par nos rêves, par nos espoirs.
Qu’est ce que tu chantes sous la douche ?
O telefone – Jorge Ben
Quels sont les obstacles à surmonter dans ton activité pour être « Green » ? 
Faire attention à la croissance du projet et l’engouement et rester simple. Continuer à faire du terrain et être au plus proche des bénéficiaires.
Peux tu nous raconter un moment de ta vie inoubliable ou une rencontre incroyable ? Une personnalité que tu admires pour ses actions bienveillantes ?
J’ai été très marqué par ma rencontre avec Xavier Emmanuelli, fondateur du samu social de Paris. Sa vision et ses actions m’ont beaucoup inspiré et il a accepté de parrainer le carillon.
Des endroits «  Green » favoris ? Une recette Green ? des habitudes green ? 
Le désert d’atacama au Chili, le delta du sine saloum au Sénégal, tous les commerçants solidaires du Carillon
Es tu un/une Green Addict ?
Pas encore mais on devient vite addict des initiatives solidaires 🙂
Ton dernier « Green Chills »  ( def : emotion vibratoire transcendante très agréable et grisante parfois ressentie face à la force des rêves, projets et aventures humaines, de la nature, de l’art, de la musique, de l’intelligence collective … ) 
Ma rencontre avec mon associé, Guillaume Holsteyn qui partage la même vision que moi et a permis d’accélérer le projet. Sinon tous les sans abri avec qui on travaille ou qu’on côtoie. Leurs aventures personnelles et leurs joies de vivre sont nos plus grands greenchills du quotidien.
Sur quels futurs projets travailles-tu ? 
L’hébergement des sans abri via des citoyens, des cantoches autogérées par des sans abri, etc.
Merci Louis-Xavier:)

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