Green Chills Talks #Jean-Louis Louvel

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Podcast #1 L’ÉCONOMIE BIENVEILLANTE

L’ÉCONOMIE BIENVEILLANTE & PARTICIPATIVE

LA FORCE DE L’ENTREPRENEURIAT BIENVEILLANT SUR  NOS TERRITOIRES

JL Louvel, quel est votre parcours ?

On a crée un petite entreprise en 1993.

Ce qui a fait la différence, puisque le marché de la palette ce n’est pas un marché très sexy à la base, c’est que par contre j’ai un matériau très noble :  le bois, qui sert à plein d’usages si on sait préserver nos ressources puisque je suis en fait un agriculteur à la base.

Ce matin, ce qu’on a pu planter avec mes collaborateurs, on va le récolter dans 35, 40 ans, donc c’est une gestion particulièrement durable et avec ça on fait des palettes qui servent à l’emballage.

C’est une petite aventure humaine avec une idée que j’ai eue en 1993. J’étais tout seul. J’ai été cherché 2 amis, nous étions donc 3. On a créé une petite entreprise, au début nous étions d’ailleurs à la chambre des métiers. Par la suite, on a monté une petite SARL pour une vingtaine d’années plus tard, aujourd’hui, on a monté un groupe qui représente 250 millions d’euros de CA et 1300 collaborateurs. Toute notre entreprise a été bâtie, fondée à partir de l’humain. D’ailleurs je n’emploie que le mot collaborateur ou collaboratrice pour parler des gens qui m’entourent. Ce qui fait aussi notre différence, c’est que sur un produit aussi basique que la palette, et c’est pour ça qu’on a eu aussi une forte croissance, c’est qu’on a travaillé avant même que les startups naissent sur l’économie de la fonctionnalité. c’est à dire qu’aujourd’hui on sait évidemment toujours vendre le produit mais on vend surtout l’usage avec tous les services associés à l’intérieur:  la logistique, la réparation, l’entretien des palettes, on sait les collecter, aller les récolter un peu partout en Europe.

JL Louvel qu’est ce qu’un entrepreneur bienveillant ?

je le dis avec humour mais c’est ce qui se dit sur les marchés financiers, c’est que les banques ne sont pas les plus fiable pour mettre son argent. Donc moi j’ai toujours eu pour principe d’essayer d’être acteur de l’économie, et de faire circuler l’argent. pourquoi ? parce qu’il y a beaucoup d’entrepreneurs en France d’ailleurs, justement, qui ne sont pas des patrons, ce sont des entrepreneurs. Je dis qu’il y a toujours une différence entre homme d’affaire et entrepreneur. Rien que dans les termes on comprend bien la différence. Un entrepreneur il met tout ce qu’il a, alors son énergie certes, mais aussi tous ses moyens financiers, c’est à dire que l’argent circule très vite. Le but, c’est d’aider aussi, alors en vieillissant, c’est peut-être à l’approche de, comme j’ai passé la cinquantaine il n’y a pas longtemps, en vieillissant, on a aussi envie aussi de partager de l’expérience, d’aider les autres, d’aider des jeunes notamment, des jeunes entrepreneurs, pas que des startups non plus parce qu’il y a l’économie réelle de terrain, il y a aussi des artisans, des artistes, c’est ce qui me passionne aussi. D’ailleurs les visiteurs d’aujourd’hui peuvent voir qu’avec mes simples palettes en bois on peut faire une belle oeuvre d’art comme le lion qui est juste à l’entrée, on peut faire du mobilier, on peut faire des sièges, on peut en faire plein de choses. Donc en fait la passion de l’entrepreneuriat c’est aussi transmettre, aux autres, partager de l’expérience et puis en s’amusant, parce que ça aussi c’est important dans l’entrepreneuriat on s’amuse, il faut trouver du plaisir, comme dans tout, d’ailleurs, dans tous les projets et puis c’est d’aider financièrement parfois au capital de jeunes entreprises etc et on a aussi une activité, parce qu’en France, notamment , on nous pousse beaucoup pour créer des emplois, ça c’est bien il y beaucoup d’outils, BPI France d’ailleurs fait un travail formidable, c’est vraiment une institution, un établissement financier qu’on nous envie à l’étranger parce qu’ils font vraiment quelque chose de formidable aussi pour aider les entreprises qui est très innovant mais avant tout on se bat aussi pour préserver les emplois, donc j’ai une autre branche d’activité qui consiste à aller sauver les entreprises que plus personne ne veut qui sont en liquidation à la barre du tribunal. On en a déjà sauvé 6, donc comme je suis normand les 6 étaient en Normandie, on essaie de faire ça de proximité, c’est plus facile à gérer et je suis aussi attaché à mes racines, à mon territoire et jusque là les 5 dernières, car la sixième est très récente, elle a une dizaine de jours, les 5 dernières on a réussi à redresser des entreprises dont plus personne ne voulait. Il y en a une d’ailleurs qui est liée à l’environnement puisqu’elle agit, ils ont des brevets pour innover sur des machines de compactage pour les déchets, ça veut dire que derrière elle fait le bien pour la planète puisqu’on réduit considérablement le volume de transport.

Et puis une dernière branche d’activité encore, puisqu’il y a une nouvelle économie poussée par les jeunes qui vont tout révolutionner je pense à un point qu’on n’imagine même pas aujourd’hui et à une vitesse qu’on n’imagine même pas non plus ; on ne peut pas imaginer l’avenir, ça va vite et ça va de plus en plus vite etc donc on s’intéresse aux startups, de toute nature, tout domaine d’activité, on a même créé aussi une NFACTORY, un N c’est encore pour Normandie, c’est le fait d’être attaché à ses racines et on agit partout. où on incube, on accélère mais surtout on intervient là où il y a le plus besoin c’est à dire à l ‘amorçage, on intervient aussi en capital, financièrement,  parce que. C’est au début que c’est difficile, après quand on est connu, on a un peu plus de notoriété c’est un peu moins dur, on va dire mais au début c’est très dur pour trouver des fonds. Voilà comment on peut être contributeur de son territoire tout en faisant le bien pour l’environnement, pour la planète…

JL Louvel imaginez-vous vous impliquer en politique ?

Mon métier c’est l’entrepreneuriat, l’entrepreneuriat bienveillant, c’est un métier que je sais bien faire semble -t-il donc maintenant avec le temps pour moi le but c’est de ne pas m’écarter de la voie. et je pense que justement j’ai l’avantage d’avoir de l’agilité, c’est à dire qu’on va beaucoup plus vite, c’est ça qui me fait plaisir, c’est l’action, c’est le coté entrepreneur, entrepreneuriat entreprendre, c’est ça qui me plait. je pense que dans la politique je ne m’y plairais pas parce que c’est un peu plus long. Notre difficulté, notamment en France, c’est qu’on pense que tout doit venir de nos politiques, c’est absolument faux, ils sont là pour nous faciliter, pour aider. C’est vrai qu’un entrepreneur, pour peu qu’il soit bienveillant, c’est ça qui est important. Des entrepreneurs bienveillants il y en a plein. plein plein plein.. en France c’est un vrai vivier, moi j’en connais un paquet dans ma région, qui sont prêts à faire de bonnes actions et on a l’agilité, on a  a rapidité, on peut décider en quelques instants et là c’est bien quand les institutions, les collectivités, s’inscrivent avec nous parce que ça va beaucoup plus vite. Si les chefs d’entreprises se solidarisaient plus, se réunissaient, on pourrait être plus fort pour entreprendre plus d’actions sur des territoires. On sera beaucoup plus actifs sans écharpe, en étant vraiment acteurs et sur des territoires, avec la proximité du terrain. une grande force des chefs d’entreprises c’est la proximité du terrain, on n’a pas perdu la notion des valeurs, ça c’est très important, y compris même des prix parfois.

JL Louvel pourquoi avez-vous soutenu The Green Chills ?

J’ai surtout cru dans les femmes et les hommes qui portaient le projet et c’est comme ça que ça a commencé et c’est ce qui m’a donné envie d’y participer et donc d’aider aussi à ce que cette première réalisation puisse se faire, même si ce n’était pas en Normandie mais Paris est quand même la capitale française, c’est pas mal. Donc voilà encore une fois ça démarre par l’humain, quand on sent la porteuse de projet qui a surtout été très dynamique et qui m’a expliqué ce qu‘elle voulait faire, forcément j’ai été très enthousiaste et je savais qu’au travers d’elle notamment, et de son équipe ensuite, ça allait sortir, ça allait arriver, donc moi je suis pour tout ce qui bouge. et là on voit que ça bouge et ça va continuer à bouger. C’est toujours comme dans la création d’entreprise, Au début c’est aux Blancs Manteaux. on se reverra dans 5 ans, l’édition elle  sera beaucoup plus importante il faudra réserver beaucoup plus grand.

Il y a un point après sur lequel il faut attirer l’attention des particuliers, tout à l’heure en anglais il l’a commenté, je pense qu’il ne faut pas juger non plus les entreprises qui tout de suite font encore néanmoins du Green washing, ça existe encore. J’ai eu une discussion la semaine dernière avec quelqu’un en disant moi je préfère une entreprise qui fait du green washing parce qu’au moins elle a déjà initié une démarche green, que les entreprises qui ne font encore rien du tout.

C’est déjà bien. Parce que Le changement, l’innovation, ce n’est pas évident, en plus dans la culture française ce n’est pas toujours facile. mais déjà d’initier cette démarche, vous voyez, si le terrain continue à être pushy, si ça pousse, on va pouvoir changer rapidement les choses.

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