Green Chills Talks – Adrien Aumont

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ADRIEN AUMONT, EXTRAIT PODCAST GC TALK 1

L’économie bienveillante & participative.

Le crowdfunding & Les nouveaux modèles de financement à l’aube de la troisième révolution industrielle.

 

Adrien Aumont, Racontez nous comment a démarré KISS KISS BANK BANK ?

Nous, on a commencé il y a plus de 7 ans, et on a commencé au moment où la musique était en train de vivre un grand changement de consommation et il y avait une étude à l’époque qui montrait que le C.A de la musique s’écroulait et que paradoxalement les gens n’avaient jamais autant écouté de musique de leur vie donc on s’est dit qu’il y avait un changement d’usage, un changement de consommation, et c’est le moment où Myspace fait faillite, et c’est le moment où Facebook sort du bois. et à ce moment là en fait, on se dit si les gens sont capables de partager les photos de leurs vacances, les photos de leurs enfants, et des choses extrêmement intimes sur les réseaux sociaux , ça veut dire qu’ils ils vont peut-être être capables aussi de partager de l’argent qui est quelque chose de très intime aussi. et cette interconnexion, et le fait que nous soyons tous interconnectés et capables de s’envoyer des messages, ces nouveaux systèmes d’informations, nous ont permis aussi de transférer de l’argent et de créer des câbles entre chaque personne physique pour pouvoir financer des projets tous ensembles.

Donc Kiss Kiss Bank Bank est né de ce constat en fait et tout d’un coup quand on a commencé cette aventure on a crée un modèle de don en échange de contreparties parce qu’on était là pour financer la culture, la solidarité, l’innovation et sur ces secteurs d’activité là c’était compliqué de faire un modèle d’écoutilles donc de capital ou un modèle de dette parce qu’on est sur des secteurs d’activité qui n’apporteront pas forcément une e rentabilité immédiate ou évidente. À ce moment là on s’est dit, plutôt que de faire une fausse promesse, et de dire vous investissez dans la musique ou dans le cinéma, et vous n’allez jamais retrouver votre blé, on a préféré trouver une autre règle du jeu, et cette règle du jeu ça a été de créer une logique de contrepartie. Je finance un album de musique, je récupère un CD en échange, je finance un film, j’ai mon nom au générique. etc etc Tout le monde nous a pris pour des cons quand on est arrivé avec cette idée là. On nous a dit l’argent ça doit faire de l’argent, l’argent et le troc ça ne va pas ensemble et les gens avaient raison puisque la première année on a collecté 600 000 euros pour la création, l’innovation et la solidarité, ce qui était ridicule. La deuxième année on a collecté 2,2 millions d’euros, après 8 millions, après 17 millions, là on est aux alentours de 20 millions d’euros par an. On franchit le cap des 60 millions d’euros collectés en 7 ans et donc on a montré que ce sytème fonctionnait et que la nature ayant horreur du vide quand on enlève les dividendes ou quand on enlève les taux d’intérêts et bien on crée du lien social et si tout d’un coup l’argent ne fait pas de l’argent, l’argent peut générer d’autres éléments, des éléments qui ont un impact sociétal un peu plus fort. L’aventure continue par la suite et on a créé Hello Merci : « Empruntez à des gens qui vous veulent du bien, à défaut des autres » Et cette plateforme permet de faire du prêt à taux Zéro entre particuliers. Pour des artisans, pour des agriculteurs, pour des commerçants. On est proche du prêt d’honneur mais participatif. et on continue notre aventure en ayant pour comme seul but de remplir des carences et une des grosses carences à nos yeux c’était le financement des PME, qui représentent 98 pour cent de nos entreprises en France donc à peu près le même équivalent en emplois et ces entreprises ont un mal de chien à lever de l’argent auprès des banques pour se développer, à côté de cela les français mettent leur épargne sous leur matelas et ça ne finance pas notre économie réelle.

Et donc on a voulu à travers le peer to peer, à travers finalement l’interconnexion et les câbles qu’on a pu mettre entre les gens permettre aussi aux français de venir diversifier leur épargne en prêtant à l’économie réelle, en prêtant à nos entreprises. Donc aujourd’hui on a trois plateformes : Du Don, Du Prêt à Taux Zéro, du Prêt rémunéré, bientôt de l’Equity, et notre seul métier aujourd’hui c’est de mettre des tuyaux entre chacun d’entre nous, des tuyaux entre les personnes physiques et les personnes morales, les personnes morales et les personnes morales et que tout le monde se démerde, soit autonome pour se financer ou en complément des banques ou en s’affranchissant des banques, donc notre métier c’est le Peer to Peer, et faire que votre argent passe de votre poche à une autre poche sans que ça rentre dans un coffre fort , sans que cela soit centralisé. On décentralise l’économie pour faire que votre argent aille directement dans l’économie réelle et que vous puissiez reprendre du pouvoir sur ce fric qui est dans votre poche sur lequel vous n’avez pas la main depuis un petit bout de temps.

Adrien Aumont, Vous venez d’ouvrir un espace, expliquez-nous ?

c’est un lieu pour faire vivre finalement tous les univers qui se retrouvent sur nos trois plateformes.

ça parait paradoxal parce que quand on parle de web, on parle de scalabilité, on parle de croître sans embaucher, on parle de plein de choses comme ça et aujourd’hui nous on est dans une logique où on fait l’inverse. c’est à dire que l’on essaie d’être le moins hors-sol possible, on essaie d’avoir une incarnation de tout ce qu’on fait au quotidien dans la vie réelle, et ça passe à travers l’ouverture de ce lieu, ça passe à travers l’ouverture de bureaux en régions, on a un bureau en PACA depuis un mois, ça fait un an qu’on a un bureau en Rhône-Alpes, on va ouvrir d’autres bureaux à d’autres endroits. Ce qu’il faut savoir en fait c’est que nos outils sont extrêmement simples à utiliser, c’est hyper facile sauf que les gens qui se retrouvent face à cet outil extrêmement simple, eux sont dans une situation de financement d’un projet qui est peut-être le financement d’une année, enfin d’un projet d’une année ou le projet d’une vie donc c’est tellement impliquant en fait, qu’avoir une solution aussi simple et hors sol que la nôtre ça peut être un peu perturbant et le fait d’avoir des implantations, des bureaux, la capacité de venir nous voir, ça permet d’apprendre à utiliser ces outils, d’être accompagné, d’être pris par la main. D‘une certaine manière les banques retirent des agences et nous on est en train d’en créer. C’est un petit peu absurde mais voilà c’est aussi ça le maillage social et le maillage territorial.

Adrien Aumont, Combien de projets ont été financés sur vos plateformes ?

4000 projets par an en comptant les 3 plateformes pour un volume de 30 millions d’euros. ET l’année prochaine je ne sais pas, j’espère, 50, 60…

A.A Quel est le profil des acteurs qui financent leur projet via vos plateformes ?

Ce n’est pas que des startups chez nous, ce qu’il faut vraiment se dire c’est qu’à travers Kiss Kiss Bank Bank, Hello Merci et Lendopolis on a tous les secteurs d’activité de notre pays et tout le maillage territorial et vraiment on retrouve tous les entreprenants. et je parle d’entreprenants parce qu’on a des entrepreneurs au sein de l’entreprise mais on a des entreprenants dans leur village, des entreprenants dans leurs entreprises, des entreprenants artistes, des entreprenants dans leur famille. On a des gens qui font des choses. qui font des choses et qui ont besoin d’un financement pour aller au bout. qui ont besoin d’un financement qui soit vertueux.et qui soit un financement qui n’ait pas simplement la simple vertu d’être de l’argent qui arrive sur un compte bancaire. Quand on fait du crowdfunding, puisque c’est le public qui se mobile, plus qu’une histoire d’argent, c’est une histoire de plébiscite. C’est les gens qui disent je veux que ce projet existe, je veux que mon épargne serve à quelque chose .

A.A, Quel est l’avenir du Crowdfunding ?

et bien si on doit parler du futur du Crowdfunding, et bien le futur c’est de bien secouer tous les français.  parce que On parle beaucoup beaucoup de nous mais pour autant l’épargne des français elle est encore à la banque.

Et quand on fait n’importe quel dîner en ville, on se retrouve avec des gens qui nous expliquent que le monde va mal, ça c’est vrai, et que le monde va mal très souvent à cause des économies de marché, à cause de la banque, à cause de tout ça, et moi quand j’entends des potes à la maison qui me sortent ces analyses là , j’ouvre mon ordinateur, et je regarde si ils un compte sur Lendopolis et si ils ont pris un peu d’ argent qu’ils ont à la banque pour venir le mettre dans l’économie réelle. Quand je vois que aucun de mes potes, même toi Ali,  n’a mis de son épargne sur Lendopolis, et bien à ce moment là je leur demande de se taire. C’est à dire qu’à un moment notre job, là, ce n’est pas de ramener des projets sur notre plateformes, c’est de casser l’inertie, de faire que les gens se réveillent, prennent le fric de la banque et le mettent dans nos entreprises, dans nos artistes et dans tous ceux qui font des choses au quotidien. Notre job, c’est de reconstruire l’économie réelle.

A.A Comment allez vous convaincre les français de placer leur épargne différemment ?

Il n’y a aucune recette magique. Sinon je ne serais pas en train de m’en plaindre. Donc je n’ai pas de recette magique. La seule que j’ai, qui est loin d’être magique, puisqu’elle est vraiment fatigante c’est de faire tout le territoire, avec le bâton de pèlerin, comme on a fait avec Kiss Kiss Bank Bank, ça a mis 3 ans avant de démarrer, tout le monde nous regardait avec des grands yeux, moi je n’arrivais pas à joindre ma mère au téléphone, on était des parias quand on a commencé. donc là il va falloir réussir à refaire la même chose sur le financement des PME, il va falloir faire tous les villages, toutes les villes, tous les départements, toutes les régions de France, et venir évangéliser, raconter en quoi c’est un nouveau champ des possibles pour les PME, en quoi c’est une épargne plus performante, mieux rémunérée que à la banque et que les gens réussissent à avoir le petit déclencheur dans leur esprit, c’est dur de changer les habitudes. C’est très très dur et on parle là de Green, on parle d’environnement et je suis le premier à ne pas avoir changé mes habitudes et mes comportements vis à vis de l’environnement, et pourtant on voit bien que le climat, on voit bien que tout le monde en parle, on voit bien que le sujet est plus que crucial. Donc disons que je vais avoir de la gentillesse vis à vis des français et le crowdfunding tout autant que j’en ai vis à vis de moi-même et de mon rapport à l’environnement.

A.A Est ce qu’il y de nombreux projets green parmi vos clients ?

Ce qui est très étonnant c’est en fait que par exemple sur Lendopolis, donc notre plateforme de financement des PME, un des trucs qui cartonne, c’est les projets d’ENR.

Le photovoltaïque, toutes les modifications qu’on peut avoir sur l’énergie renouvelable etc , et ça demande beaucoup d’argent en fait , c’est une transformation qui est très très chère et qui est très très mal adressée par les banques. Donc tout d’un coup on a des tonnes de projets qui viennent chez nous car ils n’ont pas accès à la banque sur ces thématiques et les prêteurs chez nous, prêtent sans regarder à ces projets là et des campagnes de 200 000e, 300 000e qui se font en 3 heures. Les gens ont compris que c’était très important et ce qu’il faut se dire c’est que, pour reprendre les buzzwords, on parle de troisième révolution industrielle, et dans cette révolution industrielle, il y a des modèles économiques qui sont totalement modifiés, et quand un modèle économique est totalement modifié, il n’a pas forcément la réponse sur un modèle de financement parce qu’on n’est pas adapté finalement à ce modèle économique. Donc il n’y aucun produit financier qui correspond à sa grande mutation et juste pour refaire un petit peu d’histoire, si on revient à la seconde révolution industrielle, la seconde révolution industrielle à l’époque il n’y avait pas de banque de dépôt. C’était la banque privée. et la banque de dépôt est créée à cette époque. Et le fondateur du Crédit lyonnais , qui était un des premiers en 1800 dit Mr et Mme Toutlemonde est plus riche que Mr Rothschild. Et bien pour moi, la banque de dépôt et cette économie réelle qui est venue au service des grandes mutations de la seconde révolution industrielle est pour moi proche du crowdfunding dans cette troisième révolution industrielle.

Quand il y des modèles qui changent, il faut des modèles de financement nouveaux et je pense que le crowdfunding est un de ces nouveaux modèles de financement pour ces grandes thématiques du monde qui vient.

 

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