100 Escales, le concept store engagé

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De ces nombreux voyages, Emilie Kremer a toujours eu pour habitude de ramener d’incroyables découvertes, fruits d’artisanats et de savoir-faire locaux. Son talent de dénicheuse hors pair, elle le met désormais au profit de tous à travers son concept store en ligne, 100 Escales.

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A plusieurs reprises au cours de ses incursions, Emilie a pu constater le déclin du nombre de créateurs et d’artisans, dommages collatéraux de l’industrialisation des procédés de création. Pourtant, ils sont garants de savoir-faire que nulle industrie ne saurait reproduire. La jeune femme a donc décidé de partir à leur rencontre et de faire profiter toute la toile de leurs créations. De sa première escale à Marrakech elle a ramené couvertures berbères, sacs brodés, savons … Des objets fabriqués à la main, par des artisans talentueux, disponibles à des prix volontairement accessibles, dont une partie est reversée à une association caritative.

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Avec ses trouvailles variées qu’elle choisi en fonction de leur force et de leur caractère, Emilie souhaite aussi aller au delà des clichés et des lieux communs attachés à chaque destination. Bien plus qu’un concept store, 100 Escales est une plongée au cœur d’univers poétiques, un recueil de savoir-faire qu’il faut protéger.


Comment est né le désir de créer ?

Le désir de proposer quelque chose de nouveau et de responsable est né en voyageant lorsque j’étais journaliste rédactrice et photographe indépendante. Dans chaque pays, chaque ville, chaque étendue de nature que j’ai arpentés,

j’ai rencontré des artisans de talent qui dépoussièrent leur savoir-faire grâce à leur créativité.

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Cela m’a donné l’idée de devenir un petit contre-pied, une alternative à la consommation mondialisée telle qu’elle est vécue la plupart du temps (renouvellement épileptique des collections, surproductions à coûts très bas, etc.) : avec 100 escales, je propose depuis le début de l’année des pièces uniques créatives et 100% faites main achetées en direct aux artisans au juste prix et pérennise la relation avec eux tout en sélectionnant des nouveautés plusieurs fois par an et en y ajoutant une nouvelle escale régionale dans le monde chaque année.

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 Ta définition d’un artiste

Un artiste est le façonnier de ses émotions autant que le bâtisseur des nôtres. C’est un paradoxe vivant :

il est le verre déformant et esthétisant de son environnement sans pour autant faire de compromission sur la force de sa personnalité

Son individualité s’ancre dans l’histoire. Il peut même parfois se payer le luxe d’être un pamphlet sur pattes !

Quelles sont tes inspirations ?

Mes inspirations… elles sont longues comme le bras !!! Je lis beaucoup, de classiques de la littérature à de nombreux essais géopolitiques contemporains. Certaines de ces plumes sont très inspirantes pour moi : parmi elles, Sylvain Tesson que je lis depuis la sortie de son tout 1er ouvrage, lorsque j’étais tout juste bachelière, mais aussi la journaliste Naomi Klein par exemple, et des personnalités telles que Matthieu Ricard ou Pierre Rabhi également. Je suis une dingue de photographie : Steve McCurry, Sebastiao Salgado, DonMcCullin, Michael Wolf, Thomas Jorion, le duo Marchand/Meffre, Leila Alaoui hélas parmi les victimes des attentats de Ouagadougou l’an passé ou le très regretté Rémi Ochlik… m’inspirent beaucoup. J’admire aussi des parcours de femmes tels que celui de la superbe photographe Mirella Ricciardi, la fondatrice de la marque Caravane dont la réussite est exemplaire… et je pourrais vous parler comme ça des heures. Ah, je propose de poursuivre la discussion sur mon stand !!! J’ai le droit ?

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 Qu’est ce qui te fait lever le matin ?

Je réussis à me lever chaque matin grâce à certains êtres qui peuplent un monde martyrisé par notre propre personne et qui sont heureusement plus paisibles que d’autres. En tête de liste bien sûr, ma famille, mon chéri (mon chat aussi, mais j’assume modérément cette remarque maintenant qu’elle est écrite noir sur blanc !!!), la perspective de travailler sur 100 escales et d’aller faire un peu de sport et de lire. Ceux que j’appelle les forçats de l’info me donnent aussi une dose d’énergie quotidienne. Celles et ceux comme Véronique de Viguerie et Manon Quérouil-Bruneel, Laurence Geai, Stéphanie Sinclair, Joao Silva, Karam Al-Masri, Olivier Laban-Mattéi, etc. qui vont au front pour faire du GRAND reportage me boostent chaque jour.

 Que chantes tu sous la douche ?

Depuis ma jeune adolescence, je suis pétrie par la musique électronique. Alors sous la douche, je suis une vraie beat box ! Parfois, quand je prends du recul, je me dis que tout ne tourne pas rond. J’y tape des pieds, frappe des mains, siffle, claque des doigts… Bref, je ne chante jamais, mais fais du bruit tout le temps… sous la douche, mais aussi devant mon ordinateur et même quand je marche !

 Quels sont les obstacles dans ton activité ?

Les obstacles sont nombreux. Le principal : la dichotomie entre production très artisanale et demandes commerciales trop productivistes et/ou normées qui rendent – pour le moment – impossible un certain nombre de collaborations. Vu que j’autofinance tout, je suis aussi parfois frustrée de ne pas donner de plus grands coups d’accélérateur. Je rêve par exemple d’une petite adresse confidentielle pour des rendez-vous intimes. Sur Paris… ou peut-être ailleurs. En tout cas, je suis prête ! Enfin, dernier obstacle de taille : mes journées ne font que 24 heures !

Peux tu nous raconter une rencontre inoubliable ?

Côté rencontres, impossible de n’en retenir qu’une. Il me faudrait une vie entière pour en parler. En revanche, j’admire de nombreuses personnes : des photographes qui rapportent de chacun de leurs reportages des coups de poing visuels… Parmi eux, les photoreporters que j’ai cités plus haut (voir questions 3 et 4) et bien d’autres, ainsi que des personnalités telles que le jeune Martin Besson (et ses équipes) avec Sans A dont l’initiative emprunte d’humanité me touche, etc.

Des habitudes Green ?

J’arpente la ferme de Viltain dans les Yvelines où je fais ma cueillette de fruits et de légumes. Je ne suis pas une bonne ni une grande cuisinière. En revanche, je mange sein et je suis un très bon commis. Seule, je coupe toujours des produits frais, de nombreux fruits et légumes, pour faire le plein de salades généreusement assaisonnées (je suis une dingue d’épices). Je regarde la composition des aliments que j’achète et bannis certains composants (huile de palme, colorants nocifs avérés, produits trop transformés, etc.). Enfin, je suis très attentive au tri des déchets et je vais sans doute me mettre au compost.

Es tu Green Addict ?

Green Addict ? Sans doute… Je sais ce que je consomme, ce que je ne veux pas promouvoir et soutenir. J’assume mes choix et ne suis pas dupe. Je lis les étiquettes, connais les réalités mondialisées de la fabrication textile et de l’agroalimentaire notamment. Je privilégie souvent le local pour mon alimentation, les brocanteurs pour ma déco, je veille à recycler un maximum d’éléments dans mon foyer, de mes vêtements que je ne jette jamais à mes déchets qui seront transformés.

Ton dernier « Green Chills » ( def : emotion vibratoire transcendante très agréable et grisante parfois ressentie face à la force des rêves, projets et aventures humaines, de la nature, de l’art, de la musique, de l’intelligence collective … )

Je suis partie en Inde en mars dans la région du Tamil Nadu. Lorsque je prenais mon petit-déjeuner à L’Escale (un signe peut-être !!), j’ai rencontré un guide francophone qui accompagnait un magnétiseur auvergnat parti méditer avec un Sâdhu… Et chose assez folle : un couple auvergnat rencontré à Marrakech m’avait justement parlé de ce magnétiseur des mois plus tôt, saluant son sérieux et son efficacité… Drôle de hasard, non ?! Bon, bref. 48h après cette rencontre en Inde autour d’un petit-déjeuner, je me retrouvais invitée à un mariage tamoul dans la famille de ce guide (j’en ai d’ailleurs fait un reportage à retrouver sur le Journal de Bord de www.100escales.com) et au dernier coucher de soleil que je faisais dans la campagne de Pondichéry avant la reprise de mon avion pour Paris, j’ai fait une séance de méditation et de yoga sur le toit terrasse de la maison d’hôte du guide et de sa femme en pleine nature, au milieu des rizières et du chant des oiseaux. Un moment de pure félicité juste inoubliable !

Tes projets ?

  1. Je planche actuellement sur ma 2e escale. Tout ce que je peux dire, c’est que cette seconde région sera très très (très) différente du centre marocain… A vous de chercher… et peut-être de m’y (re)trouver ! Au programme donc, de nouveaux objets uniques, de nouveaux artisans et de nouveaux reportages !

http://www.100escales.com

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